Laissons-les enfin prendre le temps

Donnons aux enfants la possibilité d’avoir des vacances

Le 4 juillet prochain, au premier jour des vacances estivales, de quoi auront besoin et envie les enfants ? Demandons-leur. À la Maison de Courcelles, nous serons prêts pour les accueillir, prêts pour les feux de camps, les cabanes, la boom, pour écrire des lettres aux lutins des bois, dormir à la belle étoile ou même prendre le temps de ne rien faire, sous les tilleuls du parc de la Maison.

Si les colonies de vacances et l’école sont complémentaires, il est aussi nécessaire qu’elles soient dissociées pour coexister sainement. S’il est certain qu’être à l’école ne signifie pas être en vacances, les moments de vacances ne doivent pas non plus se substituer aux moments d’école. Deux temps différents qui mobilisent des métiers différents, comme celui d’enseignant d’un côté et celui d’animateur de l’autre.

Ces moments de vacances, dans lesquels les colonies de vacances s’inscrivent, permettent de faire, de créer autre chose. Se détacher du quotidien, s’intéresser à d’autres sujets jusque-là inexplorés par manque de temps… Ce sont ces moments permis où l’on se construit différemment de d’habitude. Chacun met en œuvre ses compétences, peut en développer de nouvelles et ainsi se découvrir d’autres envies, d’autres préoccupations… Ce sont ces expériences, ces moments de partage, qui permettent aux enfants d’affirmer leur personnalité et qui les aident à grandir.

Les colos de la Maison de Courcelles s’articulent autour de ces constats. Certaines activités sont pensées et menées par les enfants. C’est de leurs envies, de leur curiosité que naissent les projets. Les différents dispositifs, où le cadre physique et affectif sécurisant mis en place par l’équipe d’animation, accompagnent les enfants à choisir, tester, fabriquer, parfois organiser ou réaliser des choses qu’ils ne font pas à l’école. L’éducatif vient se glisser dans les interstices de toutes ces situations où l’on accompagne l’enfant à faire par lui-même, pour lui-même ou pour le collectif.

Continuons de faire vivre les mixités…

Si les colonies de vacances ont été pendant longtemps synonyme de brassage social et géographique, ce schéma est en déclin depuis plusieurs années. À la Maison de Courcelles, nous avons veillé à ce que le vivre ensemble et la diversité soient au cœur de notre projet éducatif. Nous partons également du principe que la mixité se construit. Elle est le fruit d’une démarche associative, cumulée à la mobilisation des différentes institutions, qu’elles soient locales ou nationales. C’est dans ce contexte que nous sommes allés rencontrer des municipalités de zones périurbaines, ou encore que nous avons mis en place des dispositifs tel que l’accueil à la journée pour permettre la rencontre de publics ruraux et urbains.

La crise à laquelle nous faisons face révèle et exacerbe les inégalités sociales et territoriales déjà présentes dans notre pays. Parce que les vacances ne sont pas – et ne doivent pas être – un luxe, il nous semble donc primordial que les dispositifs locaux et nationaux existants soient renforcés pour ne pas éloigner les populations fragiles de nos colos.

Municipalités, départements, régions, ne relâchez pas vos efforts et permettez à tous les enfants de prendre le temps et de créer des communs, de faire société, de grandir ensemble.

… et défendons nos valeurs

Les difficultés que nous traversons actuellement plongent la plupart d’entre nous dans l’incertitude totale. Cependant, au milieu de cette confusion, des élans de solidarité, de nouveaux modes de consommation et des initiatives locales voient le jour et nous confirment que les valeurs et les actions que nous portons depuis longtemps sont les bonnes.

Depuis 2015, la Maison de Courcelles a la volonté de repenser l’alimentation au sein de la structure en relocalisant son approvisionnement alimentaire ; elle restaure un four à pain et accueille Adrien, boulanger en résidence ; elle crée un potager pédagogique en partenariat avec Baptiste, maraîcher bio du village ; elle construit une miellerie et un rucher pédagogique avec Cécile, apicultrice spécialiste des abeilles noires. Si ces projets permettent de favoriser une dynamique économique et sociale à l’échelle locale, elle permet surtout de prendre soin des enfants et adultes qu’elle accueille, de l’environnement et des habitants du territoire.

Cette notion du prendre soin constitue un de nos enjeux majeurs. Nous veillons à ce que chaque personne soit accueillie et accompagnée avec bienveillance au sein de la Maison. Ce point ne doit jamais être considéré comme acquis et représente l’un de nos principaux moteurs dans nos remises en question afin de répondre à nos enjeux et à ceux de la société. Cela concerne évidemment les enfants que nous recevons en colo – où notre fonctionnement et notre taux d’encadrement nous permettent de les accompagner dans la réalisation de leurs projets les plus fous – mais également les salariés, les familles ou encore les bénévoles qui veulent s’impliquer dans l’association, que nous guidons et encourageons dans leurs prises de responsabilité.

L’association ne s’est pas trompée : l’ancrage territorial, la mixité des populations, l’engagement des jeunes, le care, sont autant de valeurs que nous assumons depuis de nombreuses années et qui sont aujourd’hui plus que jamais nécessaires de réaffirmer. Si notre modèle est considéré comme utopique c’est peut-être uniquement parce qu’il n’est pas généralisé. Permettons-nous de mettre en place ces fonctionnements. Si cela fonctionne à Courcelles-sur-Aujon, un village Haut-Marnais au cœur du Parc National des forêts, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas ailleurs ?

La Maison de Courcelles